Illustrations des poèmes alchimiques de Florence Ferrari
J’ai la chance et l’honneur de réaliser les illustrations de 19 poèmes alchimiques de l’écrivain (romancière, conférencière) et poète Florence Ferrari.
Nous sommes très heureuses de vous en partager ici quelques-uns, avant la publication de notre recueil.
Songe 2
Le vent souffle sur les étoiles.
L’eau se brouille.
Un signe brille dans la nuit.
Deux triangles entrelacés
dans le ciel ébloui
scellent le grand Oeuvre.
La matière dans l’Esprit
et l’Esprit dans la matière
pour ré-unir en soi
tout ce qui est épars.
Lumière des fous,
lumière des sages,
poussière d’or qui bruine
des grimoires d’encre noire.
Les laboureurs du ciel
dans leurs sillons de feu
déversent la pesée
du cœur et de la conscience.
L’étoile du matin
allume l’Obscur,
séparant l’art de la magie,
le blanc du noir,
le noir du blanc
dans l’alambic du temps fini
pour ré-unir
le Présent à ses astres et
les astres à leur Présent,
l’exégèse du temps
la genèse des fins.
Les mages tendent un miroir
aux lignes de la main...
un destin écrit, une gnose carcérale
qui réfléchit le visible et l’invisible
et enclot dans l’espace
toute sa démesure.
Cri du cristal de l’âme
prisonnier de la glaise.
L’éternité sans la terre,
La terre sans Dieu.
Lêtre debout
en sa solitude
crucifié.
Bien, Beau, Vrai,
Poussières d’étoiles,
tombées dans la nuit noire.
Au milieu de la poussière,
un cœur illuminé par
la cendre des braises.
Écouter et entendre au-delà,
au-delà de l’épaisseur de la pierre,
la profondeur du chant,
la mise en résonance
de l’être et de l’éther.
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Songe 3
Espace inerte et stérile de la terre alchimique.
Absence totale de couleur et de son.
Dans le noir sidéral
un œil me fixe.
Un œil gigantesque
qui s’ouvre
sur le ciel philosophique.
Fenêtre atemporelle.
Ontologie du moi.
Individuation.
Harmonisation des consciences.
Atteindre le point Oméga,
le point de convergence de l’évolution.
Rejoindre la noosphère.
Théophanie de l’esprit en l’Esprit.
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Un bref instant,
quand tout s’est tu,
Peur de mourir.
Peur.
Peur de perdre
sa tunique de peau,
la pesanteur de la lumière,
la matière, ce Rien du Tout.
Libérer, libérer, libérer
les colombes de l’ Esprit,
la spiritualité de la matière.
Puis une étrange quiétude
née d’une certitude :
la vie est à la mort
ce que la mort est à la vie.
Un passage, une temporalité
au seuil de l’Eternité.
Une finitude inscrite dans l’Infini.
Mais pour passer
de l’Alfa à l’Oméga
d’abord il faudra
un champs d’étoiles allumer,
la musique des sphères contempler,
son cœur en or le plus fin convertir.
Par le travail et la volonté,
Force, Sagesse et Beauté prolonger
afin d’être
en chacun
et en chaque chose.
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